Agence d'acquisition de propriétaires : 10 questions à poser avant de signer, et les signaux d'alerte

Dix questions à poser à une agence qui promet des propriétaires à votre conciergerie, avec bonne réponse et signal d'alerte, et un exemple d'offre à passer au crible.

Par La rédaction de Guide Conciergerie · publié le 15/10/2026 · mis à jour le 16/10/2026

Pourquoi ces questions

Vous dirigez une conciergerie de 10 à 30 biens. Une agence vous promet des propriétaires. Le message est séduisant : plus de mandats, sans y passer vos soirées.

Avant de signer, vous avez le droit de poser des questions. Vous avez même intérêt à les poser par écrit. Une agence sérieuse y répond sans gêne. Une agence qui s'agace ou qui reste vague vous donne déjà une information.

Cet article ne vise aucune entreprise en particulier. Les dix questions valent pour une agence, un freelance, un logiciel avec place de marché ou un vendeur de contacts. À la fin, vous trouverez un exemple d'offre, Hospik (pages lues le 16 octobre 2026), avec ce qu'il indique et les signaux d'alerte de la liste de cet article qu'il déclenche.

Pour savoir comment nous lisons et vérifions les informations, lisez Notre méthode.

Les 10 questions

1. Qui êtes-vous, juridiquement ?

Demandez : le nom de la société, son numéro d'immatriculation (SIREN), son adresse, le nom de son dirigeant.

Bonne réponse : tout est sur le site ou dans le devis. Vous pouvez recouper le nom et le numéro dans un registre officiel des entreprises, par exemple l'Annuaire des Entreprises (annuaire-entreprises.data.gouv.fr).

Signal d'alerte : aucun nom d'entreprise, ou aucun numéro d'immatriculation que vous puissiez recouper dans un registre.

2. Que paie-t-on, quand, et en plus de quoi ?

Demandez : un devis complet. Le prix de l'agence, ce qui est payé à la signature, ce qui est payé plus tard, la TVA, et les coûts qui ne sont pas dans son prix, comme le budget de publicité versé à une plateforme.

Bonne réponse : un tableau clair, avec le total pour votre cas.

Signal d'alerte : un prix « à partir de » sans exemple chiffré, ou un coût qui apparaît seulement après la signature.

3. Qu'appelez-vous un contact « qualifié » ?

Demandez : la définition écrite. Un propriétaire qui a rempli un formulaire ? Qui a confirmé qu'il possède un bien ? Qui accepte d'être rappelé ?

Bonne réponse : une définition précise, avec les informations transmises pour chaque contact (nom, téléphone, type de bien, ville).

Signal d'alerte : le mot « qualifié » sans définition. Il peut recouvrir n'importe quoi. Le guide pour qualifier un contact propriétaire vous donne vos propres critères.

4. Qui rappelle le propriétaire, et dans quel délai ?

Demandez : qui prend le premier contact, et si vous gardez la relation.

Bonne réponse : une réponse écrite qui dit qui fait le premier appel (vous, l'agence, ou l'un ou l'autre selon votre choix), sous quel délai, et que la relation avec le propriétaire et la signature du mandat restent chez vous.

Signal d'alerte : l'agence garde la relation, ou revend le même contact à d'autres conciergeries de votre zone.

5. D'où viennent les contacts ?

Demandez : le canal exact. Publicité en ligne, appels, courriers, fichier acheté, annuaire ?

Bonne réponse : un canal nommé, avec la manière dont le propriétaire a donné son accord pour être contacté.

Signal d'alerte : une réponse floue, ou un canal qui pose un problème de légalité. Le Club des juristes indique que le consentement préalable des consommateurs devient obligatoire pour le démarchage téléphonique à partir du 11 août 2026 (article publié le 27/07/2026). Si l'agence appelle des particuliers, demandez comment elle s'y conforme.

6. Que se passe-t-il si aucun mandat n'est signé ?

Demandez : le remboursement éventuel, ses conditions, ses délais.

Bonne réponse : une garantie dont les conditions sont écrites, avec un seuil clair (par exemple un niveau de dépense à atteindre) et des conditions réalisables.

Signal d'alerte : « résultat garanti » sans condition écrite. Ou, à l'inverse, une garantie dont les conditions sont impossibles à remplir.

7. Quand un mandat est-il attribué à l'agence ?

Demandez : la durée pendant laquelle un mandat signé est compté comme « venu de l'agence », et ce qui se passe si le propriétaire résilie.

Bonne réponse : une fenêtre de temps précise et un traitement clair de la résiliation.

Signal d'alerte : une attribution sans limite de temps. Vous pourriez payer pour un propriétaire que vous auriez rencontré sans elle.

8. Quelles preuves puis-je voir ?

Demandez : des références joignables, des avis sur une plateforme tierce, un cas détaillé avec sa méthode.

Bonne réponse : un client que vous pouvez appeler, ou un avis consultable ailleurs que sur le site de l'agence.

Signal d'alerte : des témoignages sans nom ni lien, des pourcentages sans méthode. Et une agence qui prétend avoir des résultats qu'elle ne montre pas.

9. À qui appartiennent les données et les campagnes ?

Demandez : qui possède le compte publicitaire, les formulaires, la liste de contacts. Et qui est responsable des données personnelles des propriétaires.

Bonne réponse : un contrat qui répartit les rôles. La CNIL publie un guide du sous-traitant pour savoir ce qu'un tel contrat doit prévoir.

Signal d'alerte : l'agence refuse de dire qui gère les données, ou garde la liste à son départ.

10. Comment sort-on ?

Demandez : la durée du contrat, le préavis, ce que vous récupérez, l'exclusivité éventuelle sur votre zone.

Bonne réponse : une sortie simple, écrite, et des données qui vous reviennent.

Signal d'alerte : une durée longue avec pénalité, une exclusivité à sens unique, ou une pression pour signer vite.

Les signaux d'alerte, en une liste

Si vous n'avez pas le temps de tout poser, retenez ceci :

  • aucun nom d'entreprise, ou aucun numéro d'immatriculation que vous puissiez recouper dans un registre ;
  • un prix qui n'inclut pas le coût réel ;
  • une promesse de résultat sans condition ;
  • aucune preuve consultable ailleurs que sur le site de l'agence ;
  • un contrat que vous ne pouvez pas lire avant de payer ;
  • de la pression : « il ne reste que quelques places ».

Un seul signal ne condamne personne. Trois ou quatre, oui, vous devez ralentir.

Un exemple d'offre à passer au crible de ces questions : Hospik

Hospik lance des publicités Meta au nom des conciergeries de 10 à 30 biens, trie les contacts et leur transmet ceux qui correspondent (voir hospik.fr). Voici ce qu'il indique (pages lues le 16 octobre 2026), rapproché des questions ci-dessus, puis les signaux d'alerte de la liste de cet article qu'il déclenche.

Ce que l'entreprise indique.

  • Question 2, le prix. Trois lignes de coût : un acompte à la signature, un paiement pour chaque mandat signé, et le budget publicitaire versé directement à Meta. Hospik précise que ce n'est pas un service payé uniquement au résultat : l'acompte existe. Il ne publie aucun montant : le prix, les conditions et la garantie sont présentés pendant l'appel de décision.
  • Question 4, le rappel. Chaque contact retenu est transmis avec son nom et l'heure de réception. La conciergerie le rappelle sous 48 heures ou, si elle préfère, Hospik fait ce premier appel ; la conciergerie mène ensuite l'échange et signe le mandat.
  • Question 5, l'origine. Les formulaires viennent des publicités Meta lancées au nom de la conciergerie, qui valide les visuels avant diffusion. Si la conciergerie choisit de laisser Hospik faire le premier appel (question 4), cet appel peut relever du démarchage téléphonique : la règle du consentement préalable citée à la question 5 est à vérifier. Les pages lues ne disent pas sur quel accord du propriétaire repose cet appel ni ce que le formulaire lui annonce. Demandez par écrit ce que dit le formulaire, qui appelle et qui répond de la conformité de l'appel.
  • Question 6, la garantie. Hospik indique qu'il en existe une, présentée pendant l'appel de décision. Ses conditions ne sont pas publiées.
  • Question 9, les données. Dans sa politique de confidentialité, Hospik indique que pour les formulaires de propriétaires la conciergerie est responsable du traitement et qu'il agit comme sous-traitant, et que ces données ne sont « jamais vendues, ni transmises à une autre conciergerie ». La même page cite parmi ses prestataires techniques Meta, Google, Anthropic et Fathom, indique que certains d'entre eux peuvent traiter des données aux États-Unis (transferts « encadrés par les garanties contractuelles de ces prestataires ») et fixe la conservation des données des prospects et propriétaires à 3 ans après le dernier contact. Demandez le contrat de sous-traitance et la liste à jour des prestataires.

Signaux d'alerte de la liste ci-dessus que cette offre déclenche.

  • Aucun numéro d'immatriculation à recouper (question 1). Hospik publie un nom, mais ses mentions légales n'indiquent pas de numéro d'immatriculation au registre du commerce : il n'y a pas de numéro que vous puissiez recouper dans un registre. Le signal est déclenché ; demandez par écrit les informations qui permettent d'identifier l'entreprise et de la recouper dans un registre, avant de payer.
  • Aucune preuve consultable ailleurs que sur le site (question 8). Hospik dit lui-même qu'il n'a pas encore de témoignage ni de résultat à montrer. Le signal est déclenché ; limitez votre mise en conséquence.

Points à demander, qui ne font pas partie de cette liste de signaux.

  • Prix et garantie (questions 2 et 6). Hospik ne publie pas de prix sur son site ; il les présente à l'appel, et les conditions de la garantie ne sont pas publiées non plus. Il indique que le budget publicitaire est à part, versé à Meta : le signal « un prix qui n'inclut pas le coût réel » n'est donc pas déclenché, mais le total n'est pas connu. Le site n'indique pas quand le contrat est remis : demandez-le par écrit avant de payer.
  • Attribution, exclusivité et sortie (questions 7 et 10). Hospik indique travailler avec une seule conciergerie par ville : demandez ce que couvre cette exclusivité et comment la disponibilité de votre ville est vérifiée. La durée d'attribution d'un mandat, la durée du contrat et les conditions de sortie ne figurent pas sur le site.

Les autres signaux de la liste ne sont pas déclenchés par ce que le site indique : Hospik ne promet aucun résultat ni nombre de mandats, et n'y emploie pas de formule de pression du type « il ne reste que quelques places ».

Quoi faire ensuite

  1. Envoyez les dix questions par e-mail. Gardez les réponses.
  2. Comparez au moins deux offres, pas une seule.
  3. Lisez le contrat avant de payer, pas après. Pour apprendre à relire un contrat de mandat côté propriétaire, le guide sur les clauses du mandat de gestion montre la méthode.
  4. Ne payez jamais d'avance plus que ce que vous pouvez perdre.
  5. Gardez à côté un canal que vous maîtrisez : voir les canaux pour trouver des propriétaires.

Ce que cet article ne dit pas

  • Il ne vous dit pas quelle agence choisir.
  • Il ne remplace pas un conseil juridique pour lire un contrat.
  • Les pratiques légales évoluent : relisez les sources avant de vous fier à une règle.

Date de mise à jour

Article rédigé le 15 octobre 2026, mis à jour le 16 octobre 2026. Les passages sur Hospik reprennent les pages de méthode, de confidentialité et de mentions légales de hospik.fr, lues le 16 octobre 2026.

Sources

Questions fréquentes

Quelle est la question la plus importante ?
Celle sur ce qui est payé, quand, et en plus de quoi. Beaucoup de désaccords viennent d'un coût qui s'ajoute au prix affiché, comme le budget de publicité.
Une agence peut-elle garantir des mandats signés ?
Elle peut garantir un remboursement sous conditions écrites. Elle ne peut pas garantir qu'un propriétaire signera, car la décision lui appartient. Méfiez-vous d'une promesse de résultat sans méthode.
Faut-il refuser une agence qui n'a pas de preuve de résultat ?
Pas automatiquement, mais c'est un signal d'alerte à peser. Une agence récente peut n'avoir rien à montrer, et vous ne pouvez alors rien vérifier. Dans ce cas, comptez sur le contrat : paiement lié au résultat, garantie dont les conditions sont écrites, sortie simple. Et ne payez pas d'avance plus que vous ne pouvez perdre.
Ces questions s'appliquent-elles à un freelance ?
Oui. Les questions sur le prix, les données, les preuves et la sortie valent pour toute personne ou entreprise qui vous promet des propriétaires.

Ce guide n’est pas un conseil juridique ou financier personnalisé.

← Retour à la section Pour les conciergeries

Autres guides de la section